À Saint-Fons, on pense d’abord aux usines, aux plateformes logistiques et aux cheminées industrielles… rarement aux chenilles. Et pourtant, les chenilles processionnaires du pin (et de plus en plus du chêne) s’invitent chaque année sur les sites industriels de la vallée du Rhône, avec un cocktail explosif : risque sanitaire élevé, contraintes réglementaires et enjeux d’image pour l’entreprise.
En tant qu’entreprise de dératisation et de lutte contre les nuisibles, notre rôle ne se limite plus aux rats et aux souris. Les chenilles processionnaires sont devenues un enjeu majeur pour la sécurité des salariés et la protection des espaces verts industriels de Saint-Fons et des communes voisines.
Pourquoi les chenilles processionnaires adorent les zones industrielles
On pourrait croire que ces nuisibles préfèrent les forêts reculées. En pratique, elles trouvent dans les zones industrielles un terrain de jeu idéal :
- Alignements de pins et de chênes plantés pour végétaliser les parkings, voiries et abords de bâtiments.
- Grandes surfaces en friche ou talus peu entretenus, parfaits pour les cocons dans le sol.
- Chaleur urbaine qui favorise leur développement précoce, surtout dans la métropole lyonnaise.
- Faible surveillance des arbres d’ornement, qui ne sont pas toujours intégrés dans un plan de gestion des nuisibles.
Résultat : des processions entières de chenilles traversent parkings, trottoirs, accès poids lourds ou zones de stockage. Les salariés, les sous-traitants et même les animaux de garde sont directement exposés.
Rappel express : qui sont les chenilles processionnaires ?
Deux espèces posent problème en région lyonnaise :
- La processionnaire du pin : visible dès l’hiver avec ses nids soyeux blancs dans les pins (noir d’Autriche, sylvestre, maritime, etc.).
- La processionnaire du chêne : plus discrète, ses nids sont souvent plaqués contre le tronc ou les branches, surtout au printemps.
Leur point commun ? Des poils urticants microscopiques, emportés par le vent, qui peuvent se fixer sur les vêtements, le mobilier extérieur, les engins ou se déposer sur les zones de circulation.
Pour un site industriel, le problème n’est pas esthétique. Il est sanitaire, juridique et opérationnel.
Les risques pour un site industriel à Saint-Fons
Sur le terrain, les équipes HSE (Hygiène Sécurité Environnement) voient rapidement l’ampleur du sujet. Les chenilles processionnaires peuvent provoquer :
- Réactions allergiques sévères chez les salariés : démangeaisons, éruptions cutanées, urticaires.
- Atteintes oculaires : conjonctivites, irritations, parfois graves.
- Problèmes respiratoires chez les personnes sensibles, asthmatiques ou allergiques.
- Accidents indirects : salarié qui se frotte les yeux en pleine manutention, perte de concentration, arrêt de certaines zones par précaution.
- Atteintes graves aux chiens (chiens de garde, chiens de sécurité) : nécrose de la langue, urgence vétérinaire vitale.
À cela s’ajoutent des enjeux d’image : un visiteur qui traverse un parking envahi de nids sur les arbres ou qui découvre une procession de chenilles devant l’entrée principale gardera un souvenir très mitigé de la gestion du site.
Enfin, dans certains cas, l’employeur peut être mis en cause s’il apparaît que le risque était connu mais non pris en charge, notamment au regard de l’obligation de sécurité envers les salariés.
Pourquoi une entreprise de dératisation s’occupe-t-elle des chenilles ?
Sur le papier, « dératisation » rime avec rats. Sur le terrain, les industriels ont besoin d’un interlocuteur unique pour l’ensemble de leurs nuisibles : rongeurs, pigeons, fouines… et chenilles processionnaires.
La logique est la même :
- Analyse du site et de ses vulnérabilités.
- Plan d’action raisonné, adapté à l’activité (chimie, agroalimentaire, logistique, tertiaire, etc.).
- Traçabilité et rapports pour les audits, certifications et comités HSE.
- Interventions planifiées, coordonnées avec les autres opérations de maintenance et de sécurité.
Un spécialiste nuisibles habitué aux environnements industriels sait travailler avec des contraintes fortes : zones ATEX, accès réglementés, horaires décalés, coactivité, protocoles sécurité stricts… Ce n’est pas un détail lorsqu’il s’agit d’intervenir en nacelle près d’une unité sensible ou d’organiser une opération de taille et de retrait de nids sur un parking en pleine semaine.
Identifier un problème de chenilles processionnaires sur un site industriel
Plus on agit tôt, moins l’intervention est lourde et coûteuse. Quelques signaux à surveiller :
- Nids blancs soyeux en bout de branches de pins, visibles surtout en hiver.
- Amas de fils et de matériaux soyeux sur troncs de chênes, parfois en hauteur.
- Processions de chenilles en file indienne au sol, souvent à la fin de l’hiver et au début du printemps.
- Salariés se plaignant de démangeaisons après des pauses à l’extérieur, sous les arbres.
- Chiens de garde présentant des lésions au niveau de la gueule ou de la langue.
Sur Saint-Fons et sa périphérie, ces signaux sont particulièrement fréquents sur :
- Les zones de stationnement ombragées par des pins ou des chênes.
- Les talus en bordure de site, peu accessibles et rarement inspectés.
- Les espaces verts entre bâtiments, souvent délégués à un prestataire d’entretien qui ne mesure pas toujours le risque sanitaire.
Les spécificités des interventions sur sites industriels
Traiter un jardin de particulier et sécuriser un site classé SEVESO, ce n’est pas le même métier. À Saint-Fons, beaucoup de structures industrielles sont soumises à des exigences réglementaires élevées. Une intervention sur chenilles processionnaires doit donc intégrer :
- Une analyse de risque préalable : zones sensibles, voies de circulation, contraintes de production, périodes de moindre activité.
- Une coordination avec le service HSE et éventuellement le CHSCT ou CSE.
- Une gestion des accès : badges, escortes, EPI spécifiques, consignes sécurité.
- Le respect des plans de prévention et des procédures internes de l’entreprise.
- Une traçabilité précise des méthodes et produits utilisés, indispensable en cas d’audit ou de contrôle.
C’est précisément sur ce point qu’un professionnel habitué à la dératisation industrielle fait la différence : il sait intégrer les traitements contre les chenilles dans un plan global de gestion des nuisibles, sans multiplier les intervenants ni les risques de mauvaise coordination.
Les méthodes professionnelles pour gérer les chenilles processionnaires
Il n’existe pas une seule méthode miracle. Un plan efficace combine plusieurs approches, en respectant l’environnement et les contraintes du site.
1. Surveillance et cartographie
Dès la première visite, un technicien formé va :
- Repérer les espèces d’arbres sensibles (pins, chênes) sur le site.
- Localiser les nids présents et estimer leur densité.
- Identifier les zones de contact potentiel avec les salariés (entrées, zones fumeurs, parkings, cheminements).
- Proposer une cartographie simple pour le service HSE, intégrable dans le plan de prévention des risques.
2. Destruction mécanique des nids
Quand les nids sont accessibles en sécurité, on privilégie souvent :
- La taille ciblée des branches infestées, avec collecte et mise en sac sécurisée.
- L’aspiration des nids avec des équipements spécifiques pour limiter la dispersion des poils urticants.
Cette méthode est particulièrement adaptée aux sites industriels qui souhaitent limiter l’usage de produits et garder une traçabilité maximale des actions.
3. Piégeage des processions
Des pièges à chenilles peuvent être installés autour des troncs lors de la période de descente des chenilles vers le sol. Ils interceptent les processions avant qu’elles ne se dispersent sur les voies de circulation.
Ces dispositifs doivent être correctement posés, surveillés et entretenus. Sur un grand site, ils s’intègrent dans une stratégie de barrière physique autour des zones sensibles.
4. Pièges à phéromones (sur les papillons)
En amont, lors de la période de vol des papillons, des pièges à phéromones permettent de suivre l’évolution des populations et, parfois, de limiter la reproduction. Ils fournissent surtout une indication précieuse pour ajuster le plan de lutte l’année suivante.
5. Traitements biologiques ciblés
Dans certains cas, et en respectant les réglementations, des produits biologiques à base de Bacillus thuringiensis var. kurstaki (Btk) peuvent être pulvérisés sur les feuillages pour éliminer les jeunes stades larvaires.
Sur un site industriel, ces traitements exigent :
- Une fenêtre météo favorable.
- Un périmètre de sécurité bien défini.
- Une coordination étroite avec les responsables de site pour ne pas perturber la production ou les livraisons.
Le choix de ces méthodes se fait toujours après analyse, pour rester dans une démarche raisonnée et proportionnée.
Ce qu’il vaut mieux éviter de faire soi-même
Sur un site industriel, l’improvisation est rarement une bonne idée… avec les chenilles processionnaires, elle peut devenir dangereuse. Quelques erreurs fréquentes :
- Décrocher un nid à la perche sans protection : les poils se dispersent dans l’air, exposant les salariés et l’intervenant.
- Brûler les nids sur place sans maîtrise du risque incendie ni de la dispersion des poils.
- Écraser les processions au sol avec un balai ou un pied de table : les poils restent présents et actifs sur le sol et les surfaces.
- Laisser les équipes espaces verts gérer seules sans formation ni EPI adaptés.
En zone industrielle, la responsabilité de l’entreprise peut être engagée si un salarié est gravement touché à la suite d’une manipulation inadaptée. D’où l’intérêt de faire appel à un prestataire spécialisé qui assume une part clairement définie du risque et documente ses interventions.
Intégrer les chenilles processionnaires dans votre plan nuisibles
De plus en plus de sites de Saint-Fons et de la métropole de Lyon intègrent désormais les chenilles processionnaires dans leur plan de lutte nuisibles global. Concrètement, cela signifie :
- Ajouter les arbres sensibles à la liste des « points à risque » lors des inspections périodiques.
- Planifier une campagne de repérage annuelle (par exemple en fin d’hiver) avec votre entreprise de dératisation.
- Inclure un chapitre dédié dans le DUERP (Document unique d’évaluation des risques professionnels).
- Former brièvement les équipes de maintenance et espaces verts à la reconnaissance des nids et processions.
- Informer les salariés (panneaux dans les zones fumeurs, affichage HSE) sur les gestes à éviter et la conduite à tenir.
Cette approche organisée permet d’éviter les réactions « en urgence » chaque année, au moment où les processions apparaissent… c’est-à-dire quand il est déjà un peu tard.
Comment se déroule une intervention type à Saint-Fons ?
Sur un site industriel, une prestation spécialisée se déroule généralement en plusieurs étapes :
- Prise de contact et cadrage : échange avec le responsable HSE ou maintenance, recueil des contraintes spécifiques du site (zones sensibles, horaires, consignes sécurité).
- Visite de diagnostic : repérage des zones infestées, identification des espèces, évaluation du niveau de risque pour les salariés.
- Proposition de plan d’action : combinaison de méthodes (retrait mécanique, piégeage, traitement biologique si pertinent), calendrier d’intervention, estimation budgétaire.
- Intervention sur site : application des mesures, avec EPI adaptés, respect des procédures sécurité, gestion des déchets infestés.
- Compte-rendu écrit : bilan des actions, cartographie des arbres traités, recommandations pour les saisons suivantes, éléments intégrables dans vos rapports HSE.
L’objectif n’est pas de « stériliser » l’environnement, mais de ramener le risque à un niveau maîtrisé, compatible avec l’activité industrielle et la sécurité du personnel.
Pourquoi la situation est particulière à Saint-Fons et dans la vallée du Rhône
La zone de Saint-Fons cumule plusieurs facteurs aggravants :
- Un climat de plus en plus doux : les hivers moins rigoureux favorisent la survie des chenilles.
- Une forte densité d’arbres d’ornement : reboisements, plantations compensatoires, alignements le long des voiries d’accès.
- Un tissu industriel dense : de nombreux sites, chacun avec ses espaces verts, multipliant les foyers potentiels.
- Une importante circulation de poids lourds : vecteur possible de dispersion de cocons ou de poils sur de longues distances.
Dans ce contexte, il est illusoire de penser que le problème va disparaître tout seul. À l’inverse, une politique de gestion raisonnée, partagée entre communes, industriels et spécialistes nuisibles, permet de limiter significativement l’exposition.
Adopter une approche responsable et raisonnée
Les chenilles processionnaires, comme les rats ou les fouines, font partie de cette faune avec laquelle nous sommes obligés de composer. L’enjeu, pour un site industriel, n’est pas de mener une guerre totale contre la nature, mais de protéger les humains et les animaux tout en préservant autant que possible les équilibres écologiques.
C’est la philosophie qui guide l’action d’un spécialiste nuisibles : observer, comprendre, cibler, documenter. À Saint-Fons, où cohabitent chimie lourde, plateformes logistiques, zones urbanisées et espaces naturels, cette approche réfléchie est plus que jamais nécessaire.
Si votre site industriel est implanté sur Saint-Fons ou dans la vallée du Rhône et que vous suspectez la présence de chenilles processionnaires, le plus sûr reste de faire réaliser un diagnostic professionnel. Une heure passée à observer, cartographier et planifier évitera souvent des jours perdus à gérer une crise sanitaire évitable… sans parler des risques humains que l’on préfère toujours ne pas tester.

